Re: PPAC Thaïlande

Vendredi 2. En réponse à Tonic (lui-même réveillé par mon mail précédent). Récapitulatif et nouvel épisode culinaire.

Bonsoir

Je ne serai sûrement pas aussi long, mais tant pis. J'ai quasiment honte maintenant de donner des nouvelles somme toute assez banales en comparaison. Beaucoup de gens parmi les destinataires du mail précédent auxquels j'aurais aimé écrire moi aussi, mais je vais en rester à mon petit public habituel (si d'aventure quoique ce soit de réellement intéressant devait m'arriver, par exemple une attaque nucléaire pakistanaise sur Bombay, je reverrai peut-être ma position, mais ici j'écris vraiment pour me détendre, donc je vais m'éviter le stress supplémentaire d'un vaste public).

Cependant je suis tout à fait pour avoir des nouvelles sur tout ce qui concerne virées à la plage, marchés thaïs, fournisseurs (et même les détails de ton travail) ou la signification de Kun chuun a-rai kap (ceci n'étant qu'une sélection sommaire de ce dont j'attends le plus rapidement des nouvelles).

Puisque j'arrive déjà à la fin de mon premier mois de stage (cinq semaines, bientôt le premier bilan à envoyer à l'école ... aargh), je vais en profiter pour m'essayer a un premier bilan.

Je vais simplement commencer par comparer .

  • les sorties : première grosse différence (sauf qu'évidemment mon point de vue doit être quelque peut fausse vu que Tonic et moi nous trouvons totalement à l'opposé en terme de sociabilité) puisqu'il me semble y avoir ici, malgré dix-huit millions de gens à distraire dans la ville, bien moins d'occasions de sorties (j'ai en tout cas aperçu peu de bar louches ou de groupes qui évoquent même de loin a de la J-pop).
  • la circulation : ils roulent aussi a gauche et tout aussi n'importe comment. Mais par contre la circulation reste très fluide (sauf quand les voies ferrées sont inondées, mais c'est une autre histoire). Peu de voitures particulières, et on reste dans les petites: Tata (la marque locale) ou Hyundai dominent. Fiat c'est déjà le modèle de luxe. Et enfin les motos-taxis ne se trouvent pas trop a Bombay mais plutôt a Goa.
  • les prix : quasiment les mêmes pour ce qui concerne la monnaie (1 franc = 6 roupies) et le prix des repas (25 roupies pour un "lunch"), par contre les logements sont beaucoup plus chers (normal, vu le monde qui aimerait habiter près du centre), le principe étant que soit tu hérites du logement de tes parents, soit tu vas chercher a trente kilomètres ou plus du centre ville (Bombay étant située à la pointe d'une péninsule, ce qui présente l'avantage de facilement s'y retrouver à tout les points de vue: une seule ligne de train, très efficace, pour aller à peu près n'importe ou, y compris dans les banlieues les plus éloignées, et la mer des deux cotés pour limiter les risques de se perdre). Résultat : de mes 7000 roupies mensuelles tout passe dans mon loyer. Sur un mois (nourriture, chaussures, excursions et frais annexes) j'ai dépensé environ 9000 roupies de supplémentaires.
  • le climat : chaud et humide aussi. Par contre peu de gens ont les moyens de se payer la clim, et puis il faut dire que j'ai choisi la pire saison (un climat autre que chaud et humide semblerait exister entre octobre et mars).
  • les gens : assez peu d'occidentaux. Les touristes sont peu attires par la mousson, a priori pas de stagiaires ou travailleurs d'autres pays dans le coin ; je ne passe pas vraiment inaperçu, mais sauf de la part des mendiants et vendeurs (que ce soit ou non de substances illégales) ça reste toujours plutôt sympathique. Et heureusement les Anglais sont passes avant moi, une fois assimile l'accent local on se rend même compte que pas mal de gens (même un faible pourcentage ça fait pas mal de gens ici) se parlent anglais entre eux.
  • le boulot : et bien non, je n'en parlerai pas avant de savoir ce que fait Tonic (sinon je vais vraiment avoir l'air trop ridicule).

Un petit point aussi sur la nourriture (j'aurai sûrement mieux fait de trouver un livre illustre ou on m'aurait explique tout ça, mais j'ai du découvrir tout seul). D'abord j'ai enfin trouve la différence entre Roti et Chapatis:

  • les chapatis sont grosso modo des crêpes, mais sans le lait ni les oeufs, vingt centimètres de diamètre, ça remplace le pain et on l'utilise pour manger un peu tout (je dis bien utilise puisque les couverts servent peu, donc on prend un morceau de chapati avec lequel on enveloppe ce qu'on veut manger)
  • les rotis : effectivement la différence est plutôt subtile, c'est a peu près la même pâte, ça a la même forme (quoique plus varié en taille, de 10 à 50 cm) et la même utilisation. Seulement la cuisson se fait sans graisse donc on a quelque chose d'aussi plat mais plus rigide et assez proche du pain
  • les puris : une alternative possible aux précédents, version soufflée des chapatis (5 a 30 cm)
  • les naans : (la liste est encore longue, mais c'est tout ce que j'ai goûté pour l'instant): la on rajout e du lait, c'est plus épais et vraiment délicieux  (surtout ceux au fromage)

Voila, sinon je vous avais déjà parle du lunch, trois rotis(ou trois chapatis, on peut choisir), cinq coupelles de sauces ou légumes puis du riz pour finir. Et bien j'ai trouve son grand frère.

Jusqu'ici je m'étais contente des petits restos (plus un Mac et un Domino's pizza, mais je n'ai pas encore récidivé), cette fois-ci je me suis décidé, après être passe deux fois devant sans entrer (la première parce que face au serveur en tenue qui tenait la porte je me sentais, avec T-shirt et sac a dos, un peu trop en décalage avec l'ambiance du lieu, la seconde parce qu'il y avait un mariage).

[Note informative: le vocabulaire Indien est plein de surprise. Par exemple, mariage ce dit Thali, ce qui est aussi le nom du plat pour lequel j'étais venu dans ce restaurant. Masala désigne aussi bien un mélange de légumes (allant d'inoffensives pomme de terre avec des oignons aux préparations les plus épicées) que les films indiens.]

La troisième fois fut donc la bonne. Le premier serveur m'ouvre la porte, un second me dirige dans la salle tandis qu'un troisième attend déjà près de ma table. Ouvrant la carte je cherche des yeux le fameux thali : impossible a rater, il trône encadre sur une page entière du menu. Cent trente roupies. Ca me fait un choc. Je respire, je calcule ça en franc, en anticipant un peu tout ça ne m'aura finalement coûté, avec les taxes qui bien sur n'existent que dans les restaurants déjà chers, que trente petits francs. Tout ça parce que des le début ils mettent le paquet pour t'impressionner: le plateau et les coupelles sont quasiment les mêmes que pour un "lunch", mais en plus grand: cinq choix d'assaisonnements a l'extérieur du plateau, et dedans une dizaine de coupes, contenant sauces sucrées, épicées, légumes et desserts. Bon, c'est pas si terrible, on va pouvoir tout manger. Le serveur propose rotis, chapatis ou puris, puis après le riz (particulièrement bien cuisine), je commence a moins regretter le prix. Mais en fait, des que tu as fini une coupelle, des que tu n'as plu de rotis ou autres, des que tu demandes quoi que ce soit, le serveur te l'apporte: tout est a volonté ! Sauf le dessert, certainement trop bon pour qu'ils prennent le risque qu'on en redemande trop. Inutile de dire que j'ai trop mange, j'en ai même oublie de déjeuner le lendemain.

Bon, j'attends plus de nouvelles de Tonic moi ...

Flott

PS : je me suis permis de repasser au bon vieil encodage Western European plutôt que Thaï, sous mon Windows ça donne une police un peu trop énorme.

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