et le dimanche ... Mercredi 14. Suite du précédent : dimanche à la piscine. Et non, je ne me suis même pas reposé ce jour là. Pour ceux qui suivent, je me suis même levé à cinq heures. Arrivée a Khar Road Station a 6h01, j'ai peur d'être un peu en retard. Rahul, qui devait passer me prendre, arrive une demi-heure plus tard. Voila, les Indiens ne sont pas ponctuels et c'est loin d'être une légende. On prend le train vers Bandra (si j'avais su j'y serais allé directement, j'aurais perdu moins de temps) ou Rahul achète nos tickets (j'ai insisté depuis pour le rembourser mais il veut pas) direction Andheri (autrement dit on va repasser par Khar Road, mais cette fois sans s'arrêter puisqu'on prend un train rapide ... vous vous rappelez la différence entre lent et rapide ?). Une heure plus tard (et un petit somme plus loin, j'étais vraiment fatigue ce week-end la - heureusement les Indiens sont gentils et mon voisin ne disait rien quand ma tête tombait sur son épaule) nous arrivons donc a Andheri (tiens non, maintenant que je regarde ma carte en fait c'était pas Andheri ... Borivli peut-être, enfin le bout du monde quoi, après c'est la mer ou les montagnes, en gros les limites que Bombay ne franchira pas - parce que pour l'instant on est toujours sur un train de banlieue). Évidemment on n'est pas sur le bon quai, et comme il n'y a pas de passerelle on fait le tour du train(c'est long un train) pour rejoindre les autres. A priori c'est Roy qui guide tout le monde (comme d'habitude, de toute façon il est le seul à connaître l'endroit où on va). On s'entasse tout les cinq dans un rickshaw (ça me rappelle les éléphants dans une 4L - ici c'est trois derrière sur la petite banquette et un de chaque cote du chauffeur, faut rentrer les bras quand on croise une voiture). Heureusement que c'est un rickshaw d'ailleurs, on commence par passer (tout juste) entre un mur et un lampadaire (euh ... vous êtes sur que c'est une route ?), puis ensuite il faut rouler comme on peut entre les vaches et les rickshaws qui viennent en sens inverse, sachant que la route est juste assez large pour en laisser passer un seul. La fin du chemin n'est même plus goudronne, mais on arrive quand même à destination. Roy paye pour tout le monde (y compris le taxi - mais lui quand même je l'ai remboursé - trente francs). On se change (c'est très pudique un Indien) puis on passe au petit déjeuner (c'est compris dans ce qu'on a paye, et c'est vrai qu'il commence a faire faim). Les épices comme ça tôt le matin ça fait un choc, mais dans l'ensemble c'est bon et assez copieux (et puis il y a du thé, que demander de plus - peut-être la recette ...). On passe ensuite dans l'eau, après tout c'est pour ça qu'on est venus. Hum ... standard indien tout ça. Bon, a partir de la le reste de la journée est entièrement PPACsable, mais comme je suis un peu flemmard je vais pas numéroter. PPAC: les Indiens savent pas nager. Forcement, dans le premier bassin l'eau arrive a mi-cuisse ce qui n'aide pas (mais on ne voit pas ses genoux ... enfin a priori l'eau est chlorée, c'est toujours ça). Le deuxième bassin est plus profond (1m80, même pas de quoi perdre pied), mais en une brassée tu es rendu de l'autre cote. Bipin est le seul a essayer de nager, et il a vraiment l'air ridicule (quoique ça a l'air d'être la façon locale de nager ... je ne sais pas si ça correspond a ce qu'on appelle brasse indienne chez nous mais ça ressemble vraiment a la technique du jeune chiot qu'on vient de lâcher dans l'eau). PPAC: à Bombay c'est toujours la foule (sauf chez les riches). Pas moyen de faire deux pas dans le bassin sans renverser quelqu'un (surtout comme la journée avance et que les gens arrivent). Je pense qu'il y a environ cent-deux cents indiens dans le bassin (assez grand quand même, mais ça doit faire du un Indien par mètre carre. PPAC: dans cette foule, je suis tout seul. L'occidental perdu au milieu, c'est moi. La veille déjà au resto (relisez) j'avais eu le droit à la visite du patron qui s'informait de comment je trouvais son établissement, et j'ai même eu le droit de remplir une petite fiche à la fin. Là pareil, le surveillant de la piscine peut pas se retenir de me demander ce que je fais là (et de quel pays je suis ... grand original ce gars là) PPAC (hors sujet): les pourboires ça aide bien dans les restos. Hier soir j'avais un serveur qui d'habitude tire une tronche pas possible comme il me sert. Ce jour la, il est tout empresse autour de moi, me fait de grands sourires, m'explique la carte ... Ah oui, j'avais laisse dix roupies de pourboire l'autre fois ... Épatant. Bon, je lui laisse quand même cinq roupies a la fin (les guides disent 10% du prix du repas). J'ai découvert ça récemment, mais ça marche à tout les coups pour faire sourire les serveurs (qui n'ont pas la même subtilité qu'en France pour te faire sentir quand tu as oublié). PPAC: les Indiens sont surtout des garçons. Bah oui, les filles sortent pas. Plein de conséquence PPAC (sous PPAC): pour le train, le mieux c'est d'y aller en dehors des heures de pointe, pas de surprise. Moi, en première classe et par slow train ça reste assez cool. Mais des qu'on passe au fast train, on ne doit qu'a la petite taille des indiens de pouvoir encore respirer. Quel rapport avec le PPAC précédent ? Facile : la dedans, une femme normale (surtout une indienne, une française donnerait un ou deux coups de talons bien sentis) se ferait éjecter. Donc elles ont leurs wagons a elles (moins nombreux quand même). Et si en dehors des rush-hours les femmes s'aventurent parfois (avec leur mari ou leur fiance quand même) dans les wagons normaux, tout homme se fait jeter dehors s'il commet l'erreur de monter dans le mauvais wagon. C'est quand même assez plein aux heures de pointes. L'idéal : le compartiment première classe pour les femmes. Quasiment vide (surtout si on compare aux autres), tout le temps. Pas beaucoup auxquelles leurs maris donnent assez pour se le permettre sans doute. PPAC: les Indiens font la fête. Sans raison, n'importe quand, n'importe ou. Et même s'il n'y a pas de cavalières. Donc dans l'eau et tout autour, ça danse dans tous les sens (la sono est en route la moitie du temps - ça fait bizarre quand ça s'arrête, d'un coup on entend le bruit de la foule). Évidemment comme il y a pas de cavalières, les garçons jouent les deux rôles. Et rejouent la chorégraphie des clips associés aux chansons qui passent. PPAC: les Indiens n'ont aucun goût. Bon, on passe sur le fait qu'ils rotent, crachent et se mouchent (sans le mouchoir, trop utile pour essuyer la sueur, faut pas tout mélanger non plus) n'importent ou, n'importe quand. Pourtant ils font attention à leur look : l'Indien moyen (celui qui ne sait pas qu'ailleurs on trouve ça ridicule) a toujours un peigne dans la poche arrière de son pantalon, et se recoiffe dès qu'il croise un miroir, et même sans miroir, sur le quai, dans le train (dès qu'il n'a plus besoin de se cramponner). Mais avec leurs pantalons trop grands, leurs chemises a rayures mal taillées (enfin pour la chaleur, tout ça c'est pas plus mal) et leur carrure d'éthiopiens (sans vouloir être trop méchant) c'est difficile d'avoir du style. Niveau musical, c'est pire (et je parle pas des films ni de la télé, j'en ai vu assez d'exemples en France pour ne pas avoir envie de vérifier sur place la nullité des programmes - enfin j'en ai quand même aperçu un ou deux extraits en passant - c'est vraiment nul - et en plus, probablement pour payer la télé numérique, il y a toujours un bandeau publicitaire qui défile en permanence à l'écran - enfin au moins ils ont trouve une utilisations aux bandes noires habituelles - la rentabilisation de l'espace atteint vraiment des sommets dans le coin). La première fois (dans le bus, en revenant de Goa), j'avais l'impression qu'ils repassaient toujours les mêmes chansons en boucle (ce qui était sans doute le cas). Mais en fait, il n'y en a pas d'autres (en tout cas pas écoutes par les indiens). Donc toujours les mêmes, la première fois c'est amusant, mais a force d'entendre le même chanteur et la même chanteuse (avec une voie suraiguë comme on les aime ici) sans arrêt, ça lasse. PPAC: le bord de la piscine ça donne donc une dizaine de mecs qui font les mêmes gestes au même moment, on pourrait croire qu'ils font ça pour délirer, mais ils font ça avec conviction et ça dure toute la journée (sauf les moments sans musique). De temps en temps ils passent un vieux tube américain, donc ça se calme. Et puis d'un coup le dernier tube (ah ?) et tout le mode sort de l'eau ou se met a bouger dans la piscine. PPAC: les grands bassins c'est mieux que les petits (règle générale) parce que tu as moins de chance qu'un des cinquante Indiens qui dansent sur le bord te tombe dessus PPAC: les Indiens sont pudiques. Et surtout ils exigent de la pudeur de la part des Indiennes. Donc les quelques femmes qui accompagnent leurs maris restent entièrement habillées. Et on voit comme ça toute la famille (la mère, la grand-mère, la fille) avec sari et lunettes dans l'eau. Même certains Indiens (Ashish par exemple - NB : ça y est, j'ai cite tous collègues qui étaient avec moi) gardent leur T-shirt (pudeur (trop poilu ?) ou peur du soleil (ça va, encore quinze jours comme ça - que je n'aurai sans doute pas - et mon bronzage sera nickel). PPAC: en fait je suis pas le seul blanc. Il y a aussi les Sikhs qui sont plutôt pâlichons (une des communautés locales) et certaines personnes avec des maladies de peau qui les laissent tout décolorés (enfin non, plutôt genre dalmatien en fait, avec des zones blanches et d'autres qui restent colorées). On trouve aussi des albinos, grosses taupes aux cheveux blonds. Sinon la règle générale est que plus on est riche plus on est pâle (les petits foncés font la lessive, les grands pâles dirigent les usines). PPAC: les Tata sont très riches. Eux aussi d'une autre communauté (les Parsis je crois). Dans le journal, on voit des pubs genre "Grâce aux Tatas, Bombay est la seule ville d'Inde ou les vendeurs de groupe électrogènes ne gagnent pas d'argent", autrement dit ou les coupures sont rares. Imaginez en France "Grâce à la famille Bouygues, Nantes a le plus grand périph de France" (enfin je dis ça au hasard). Sauf que Bouygues, en plus de TF1 et du béton, ce serait a la fois, Renault, Cap Gemini, Usinor , BNP-Paribas et toutes les plus grandes industries. Au fait, Mr Tata est marié a une Française. PPAC: les indiens sont pas complexes pour deux sous. On passe la journée à se mouiller de temps en temps (parce que le soleil tape dur) et à jouer au ballon dans l'eau. Tout le monde autour fait a peu près pareil, plus les types qui dansent n'importe comment. PPAC: les Indiennes se montrent parfois. Un groupe de fille qui débarque. Toutes avec les cheveux long, tout habillées avec T-shirt et pantalon (les vendeurs de bikinis doivent pas avoir un franc succès par ici), mais bon, ça change un peu d'ambiance quand même. La plupart sont avec leurs petits copains, les autres se font rapidement aborder. PPAC: l'hygiène en Inde a encore des progrès a faire. Même sans les tas d'ordures partout, c'est pas terrible. Dans la piscine le sol, bien que carrelé, n'a pas du être nettoyé depuis la dernière mousson. Pas la peine non plus d'imaginer trouver un pédiluve, malgré les chemins plutôt boueux qu'il faut emprunter entre les bassins et pour aller manger. PPAC: les crèmes après-soleil sont inconnues par ici ... bande de veinards PPAC: les Indiens sont très doués pour resquiller. Tout petit déjà ils vivent au milieu de la foule, et pour grimper dans le train c'est impossible autrement. Évidemment quand je veux faire pareil (et expliquer que dix personnes viennent de passer devant moi), ça se remarque. Déjà j'ai tendance à dépasser, mais en plus je suis blanc et comme je n'aime pas trop passer devant les gens, je le fais assez maladroitement. PPAC: au Mac Do, pareil. Oui, parce qu'après une journée comme ça j'avais envie de manger sans trop avoir a m'inquiéter pour la digestion. Bon, et puis un Mc Do et un Domino's par mois, je crois quand même pas abuser. Le plus dur c'est de repartir de la caisse, la foule s'étant vicieusement accumulée derrière toi. Je renverse pêle-mêle quelques personnes et mon Coca, et finis assez furieux par m'asseoir dans un coin. PPAC: au Mac Do, pas de buf. Donc pas de Hamburger, de Big Mac ni aucun des trucs auxquels on est habitués. Il y a bien des restos ou on peut en trouver, mais à priori Ronald a voulu éviter les gaffes. Donc on a le choix entre burger végétarien et burger au poulet. Enfin ça change quand même de mon habitude. Bon, j'envoie ça comme ça sans relire, ça a l'air assez assommant. Bonne lecture Flott PS: il est 8 heures donc 1h30 pour rédiger ça ... (un peu moins même) |